L’importance du travail individuel

Aujourd’hui les arts martiaux sont relativement bien développés, surtout en France.

Malgré cela, très peu de dojo ont des cours tous les jours. Et quand bien même, très peu de pratiquants auraient le temps et/ou l’envie de venir pratiquer chaque jours.

Mais le problème n’est pas là. C’est la même chose pour tout. Nous avons chacun nos obligations et nos intérêts divers. Au dojo, il y a donc des hommes et des femmes, des jeunes et des moins jeunes qui ont tous des profils différents :

  • des personnes qui viennent pratiquer un loisir 1 ou 2 fois par semaine
  • d’autres qui sont très impliqués mais ne peuvent venir qu’une seule fois, voir moins parfois.
  • ceux qui s’impliquent en venant 2 ou 3 fois par semaine
  • ceux qui ont la chance et l’envie de venir pratiquer 4, 5 fois par semaine, voir plus

A part ceux qui pratiquent un simple loisir et qui n’auront pas toujours un réel besoin de progression et d’évolution, les autres auront tous en commun l’envie de bien faire pour s’améliorer. Et la progression est quelque chose de personnel. Il ne faut pas se comparer aux autres pour se dénigrer ou se rassurer. Que l’on s’entraîne 1, 2 ou 10 fois par semaine, il y aura de toute façon toujours quelqu’un qui fera ici ou là, plus et mieux que nous, moins et moins bien que nous.

Quoi qu’il en soit, si l’on veut passer un cap supplémentaire, il est indispensable de faire un peu de travail individuel. Soit parce que l’on ne peut pas aller autant au dojo qu’on le voudrait et que l’on veut tout de même continuer à progresser, même lentement. Soit parce que l’on s’entraîne déjà beaucoup au dojo, mais que l’on veut progresser encore plus.

Attention, je ne dis pas que c’est obligatoire. Mais il ne faut pas se mentir à soi-même. Il est tout à fait possible de se contenter de ce que l’on fait au dojo. Et ce sera le cas de la très grande majorité des pratiquants. Mais il faut bien être conscient de ce que cela implique sur notre progression et ne pas se voir plus beau que ce que l’on est, ni espérer plus que possible.

Pour les autres qui eux choisiront de faire des concessions pour progresser encore plus, le travail personnel est indispensable.

Cependant je me rends de plus en plus compte qu’il est très difficile pour les gens de travailler seul. Je constate trois choses.

  • La première c’est que globalement ils ne savent pas quoi faire.
  • La deuxième, c’est qu’ils ont l’impression que ce qu’ils pourraient faire ne serait pas assez bien ou assez complexe, et donc que cela ne servirait à rien.
  • La troisième, c’est prétendre ne pas avoir le temps.

Dans les trois cas, c’est une erreur.

Dès la fin de notre tout premier cours, nous sommes tous capable de faire du travail individuel.

Il suffit de faire des exercices simples. Refaire les mouvements, déplacements,  ou enchaînements du cours par exemple. Ou quelques étirements et autres exercices de préparation physique que vous ne ferez pas toujours au dojo, afin de passer plus de temps à travailler les mouvements techniques et les principes de la disciplines, mais qui restent eux aussi indispensables à une meilleure qualité de pratique.

Et cela n’a pas besoin de durer une heure. Dix minutes de travail permettent déjà de faire beaucoup de choses. Et quoi que l’on fasse, c’est toujours mieux que de choisir de ne rien faire du tout.

Surtout qu’en Karatedo, nous sommes bien lotis puisque la moitié du travail se fait généralement seul (kihon, kata, frappe).

karatka3

Lorsque j’ai structuré un peu ce que j’attendais des pratiquants du Shinjukaï KarateDo, j’ai immédiatement pensé à cela. Notamment pour les débutants. J’ai ainsi développé des katas de base que je qualifie de « katas de travail ».

  • Dachi no Kata permettant de travailler différentes positions
  • Uke no Kata Ichi et Uke no Kata Ni permettant de travailler plusieurs formes de blocages mains fermées (Ichi) puis mains ouvertes (Ni)
  • Keri no Kata enchaînant différents coups de pieds
  • Atemi no Kata permettant de travailler de nombreuses formes d’attaque avec les membres supérieurs
  • Unsoku no Kata qui aborde lui les déplacements

L’avantage de ces katas de base, c’est qu’ils ne demandent que peu de temps puisque chacun se pratique en une trentaine de secondes. Ils ne nécessitent également que peu de place puisque une surface d’un mètre par un mètre est suffisante, sauf Unsoku no Kata qui lui, déplacements obligent, aura besoin de deux mètres par un mètre, soit pas beaucoup de place non plus. Et comme leurs noms l’indiquent, ils permettent de réviser toutes les formes de base. De plus, ils ont tous été développés symétriquement afin de toujours travailler les deux cotés du corps, et peuvent aussi se combiner les uns aux autres, permettant de travailler de nombreux enchaînements.

J’avoue que j’ai passé un bon moment à cogiter pour que tout cela soit ainsi possible, et je suis relativement content du résultat.

En 5 à 6 minutes, vous pouvez donc tous les répéter 2 fois, ou répéter une dizaine de fois le même, ce qui serait déjà une très bonne chose. Et cela pourrait même vous donner goût à en faire plus.

Mais restons honnête, je crains malheureusement que si mes élèves et quelques stagiaires ont pu les découvrir, peu les travaillent régulièrement. Mais je reste tout de même optimiste, et je me dis que ça viendra. Peut-être que cet article pourra aussi en être le déclencheur.

Avec ces katas, pas besoin de temps, pas besoin de place, pas besoin de réfléchir à quoi travailler. Il suffit de faire.

Plus d’excuse !!!

Et n’oublions pas non plus que s’interroger sur sa pratique, regarder des vidéos, lire des livres ou articles en rapport avec les arts martiaux et le corps sont déjà une forme de travail personnel utile et non négligeable.

Sur ce, un peu de pratique me fera certainement du bien, donc au boulot…

PS : Plusieurs personnes m’ont demandé si je pouvais diffuser plus largement ces Katas du Shinjukaï. Néanmoins, j’ai fait le choix de ne pas le faire pour le moment. Ils sont effectivement sur papier et ce n’est pas que je veuille les garder pour nous. Mais je tiens à ce qu’ils soient travaillés sous une forme correcte, et non que certaines personnes puissent les lire et se faire leurs propres interprétations qui pourront entraîner quelques erreurs. Surtout que c’est à partir de ces katas de base qu’est formé le 1er kata supérieur de l’école. Pour le moment, ils ne restent donc diffusés que par moi dans nos cours et dans les stages. Au plaisir donc de vous y retrouver.

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5 commentaires

    • Oui, je n’ai rien révolutionné Jean-Luc.
      Ceux qui ont envie de travailler comme nous en arrivent tous là à un moment ou un autre de leur parcours.
      Bonne continuation dans tes recherches et bonne pratique.

      Amicalement

      Nicolas

      J'aime

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