Dix questions à Alain Novais

J’ai posé mes dix questions à Alain Novais

alain novais

Nom : NOVAIS
Prénom : Alain
Date de naissance : 19-10-1969
Disciplines: KARATE-DO SHOTOKAÏ – SELF-DEFENSE / KARATE DEFENSE – KARATE JUTSU
Dojo : ARTS MARTIAUX SAUCATS (KARATE et SELF DEFENSE) & KARATE CADAUJACAIS (SELF DEFENSE)
Site Internet : www.shotokai-egami-do.fr / www.karate-maido.com
Tes senseï (d’avant et d’aujourd’hui) :
KARATE WADO RYU (1991-2000) : ZAMOUN Sliman. – SAULIERE Jacques. – CONTIERO Jean Marc – HEBRARD François
KARATE SHOTOKAI (depuis 2002) : OLIVIE Jean
KARATE JUTSU (depuis 2005) BILICKI Bernard
KARATE DEFENSE / SELF DEFENSE: PANATTONI Christian – PATUREL Robert – WILMOUTH Christian

Les 10 questions

1 – Pourquoi et quand as-tu débuté les arts martiaux ?

J’ai débuté les ARTS MARTIAUX en 1991.

Après avoir goûté à plusieurs sports collectifs, c’est un collègue et ami pratiquant de KARATE qui à l’époque me fait découvrir le DOJO au sein de mon entreprise. Je débute par le style WADO RYU qui restera ma pratique pendant une dizaine d’année avant de poursuivre depuis en KARATE SHOTOKAI.

C’est donc tardivement que je suis venu aux ARTS MARTIAUX, par hasard et sans préméditation. Le virus inoculé, j’ai par la suite exploré diverses pratiques mais mon fil conducteur reste le KARATE qu’il soit « DO », « DEFENSE » « JUTSU » et parfois « CONTACT ».

2 – Pourquoi continuer ?

Je répondrai par une question : pourquoi arrêter alors que j’ai tant à apprendre ?  Je découvre encore tant de choses grâce à la complémentarité des disciplines et les passerelles qui existent entre elles. J’ai le sentiment de percevoir enfin avec finesse certaines ficelles de ma pratique et donc de nouvelles manières d’aborder l’ART MARTIAL et les SPORTS DE COMBAT.

3 – Les orientations de ta pratique ?

Après la pratique du WADO RYU, c’est le hasard qui me mène à découvrir le SHOTOKAI. Mais comme je suis curieux et toujours en recherche de complémentarité, j’ai alors exploré plusieurs disciplines avec plus ou moins d’assiduité : BOJUTSU – KARATE JUTSU – KARATE DEFENSE – SELF DEFENSE en tout genre – diverses disciplines PIEDS-POINGS – ARNIS ESKRIMA… et celles à venir !

4 – Comment s’entraîner ?

Je dirai en groupe car on a besoin d’être guidé par un SENSEI et le travail collectif avec d’autres pratiquants stimule à mon sens.

Mais le travail individuel est pour moi indispensable car il permet de revenir sur des points précis, d’affiner sa technique, de travailler les détails à son rythme.

Si on fait un parallèle avec le système scolaire, les élèves ont besoin de leur enseignant pour balayer un programme, mais si le travail personnel n’est pas fait à la maison (exercices et apprentissage des leçons), de grosses lacunes s’installent et les résultats s’en ressentent.

Je pense que la pratique des ARTS MARTIAUX n’échappe pas à ces quelques règles.

5 – Comment enseigner ?

Avec humilité, respect et exemplarité.

Ce sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit. Mais à chacun sa manière. L’apprentissage à la dure comme certains on pu connaître dans le passé  ne me semble plus adapté à notre mode de vie et aux attentes des élèves. Cela dit, il ne faut pas pour autant oublier qu’une pratique martiale implique des efforts. Je sais que je suis exigeant avec mes élèves comme je le suis avec moi-même mais j’ai beaucoup de bienveillance pour eux, et ils me le rendent bien. Je suis très attaché aux rapports humains d’une manière générale. Et l’exigence de la pratique martiale n’empêche pas de cultiver une bonne hygiène relationnelle avec ses élèves. Quoi qu’il en soit, il faut être exigeant et juste. Je ne suis pas le mieux placé pour me juger mais en tout cas, j’ai cette ligne de conduite dans le viseur.

6 – L’évolution des arts martiaux ?

C’est en général la question qui fâche et elle semble être un peu taboue dans le milieu des ARTS MARTIAUX.

Je pense que l’évolution fait peur car ça bouscule un peu les fondamentaux. Et pourtant, qui peut me donner le nom d’un Maître qui n’a pas évolué dans sa pratique et parfois radicalement ?

Comme je le dis souvent, il convient d’être lucide sur ce que l’on fait et s’efforcer de ne pas naviguer dans le brouillard. Pour cela, il faut avoir atteint une certaine maturité dans sa pratique. A partir de là, le danger de se perdre s’éloigne. Dans ces conditions, on peut percevoir l’évolution des ARTS MARTIAUX de manière positive et éviter ainsi que certaines pratiques se sclérosent.

7 – Un enchaînement technique ?

Si je pense à ma pratique martiale en KARATE DO SHOTOKAI, c’est bien la pratique du IRIMI (entrer avec le corps) associé au SEN NO SEN (anticipation) que j’affectionne particulièrement. Certes, ce n’est pas un enchaînement car il n’y a qu’une seule attaque mais la notion d’aller déstabiliser l’adversaire sur son « terrain » en favorisant la prise de risque est assez grisant. On est à la limite de la prise d’initiative au moment où l’éveil et la concentration sont à leur paroxysme. D’ailleurs, casser la dynamique du partenaire peut se retrouver dans d’autres pratiques comme en SELF DEFENSE lorsqu’il n’y a pas d’autre choix que de rentrer dans l’agresseur avant qu’il ne développe son attaque.

Cela dit, j’apprécie aussi dans la pratique du KARATE JUTSU le fait que le corps participe, voire nourrit la technique. Car associer le travail de double-mains (parade-contrôle-riposte) à la rotation du bassin, est facteur d’efficacité dans cette discipline.

8 – Une anecdote ?

Je choisirai la plus récente et une des plus intenses.

Lors de mon voyage au JAPON d’octobre 2015, j’ai eu l’honneur de faire une démonstration de KARATE avec Jean OLIVIÉ au cours d’une grande cérémonie comme les japonais aiment organiser.

Devant un parterre d’officiels japonais, dont la famille de Maître EGAMI (fondateur du style SHOTOKAI) et plusieurs référents SHOTOKAI japonais, plusieurs délégations étrangères avaient l’honneur de présenter un programme.

Alors que les présentations et politesses interminables se déroulaient, les KARATEKA patientaient en SEIZA sur un parquet…que mes dessus de pied trouvaient de plus en plus dur !

Nous avions décidé de présenter un KATA et tout était calé dans ma tête après de multiples révisions.

Lorsque les délégations anglaises et italiennes eurent terminé leur démonstration et que mes pieds s’engourdissaient de plus en plus, ce produisit ce que redoute la plupart des pratiquants, le trou noir !

A deux minutes de ma prestation, il a fallu que je combatte mon stress pour puiser au plus profond de dans ma mémoire la partie du KATA qui s’était évaporée.

Respirer lentement, faire le vide malgré un SEIZA de plus en plus éprouvant, afin d’évacuer au maximum l’effet de panique qui m’envahissait, et tout d’un coup…miracle, le KATA est réapparu de A à Z !

Au même moment, les anglais venaient de terminer leur prestation, et l’animateur nous annonçait déjà pour la délégation française pour l’exécution de notre KATA.

Le lendemain, je reçois un message du secrétaire de l’association qui organisait cet événement. Le texte disait, en anglais, que KINOSHITA Senseï, un des cadres de l’école SHOTOKAI, avait trouvé notre exécution des KATA « very impressive ».

S’il avait su dans quel état j’étais quelques minutes avant qu’il m’observe ….

Quelle expérience !

9 – Un coup de gueule ?

J’ai beau chercher mais je n’ai pas de coup de gueule à formuler. Je peux déplorer certaines choses mais de là à en être en colère, pas vraiment.

En fait, je vis ma passion avec ceux qui m’accompagnent et que je rencontre sur les chemins que j’emprunte.

Ce que je peux regretter, c’est de croiser souvent les mêmes personnes, les mêmes pratiquants. C’est bien de les voir car des liens se créent, mais c’est à croire que nous ne sommes qu’une poignée à devoir encore travailler pour perfectionner notre savoir.

Mais bon, chacun fait comme il veut ou comme il peut.

10 – Le futur ?

Bonne question ! En fait, je ne me pose pas trop cette question car le présent est tellement riche.

J’enseigne depuis une dizaine d’années avec autant de passion et je prends toujours autant de plaisir à être l’élève d’un autre. C’est la raison pour laquelle je n’ai pas trop le temps de penser au futur.

Cela dit, je ne sais pas ce que me réserve l’avenir mais des soucis physiques me rappellent régulièrement qu’il faut que je relâche un peu la bride. Alors j’essaie de former car j’espère passer un jour le flambeau comme on l’a fait avec moi.

En tout cas, je ne suis pas du genre à m’accrocher à toutes les branches pour flatter mon ego. Donc, si je sens un jour qu’il faut passer à autre chose ou si on me le fait ressentir pour de bonnes raisons et bien j’emprunterai une autre voie, en espérant avoir été pendant un temps, un relai le plus exemplaire possible.

Un grand merci Alain pour tes réponses.

Vous pouvez retrouver tous ceux qui ont accepté de répondre à mes dix questions sur la page Les 10 questions

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