Dix questions à Jean-Emmanuel Grosset-Granche

J’ai posé mes dix questions à Jean-Emmanuel Grosset-Granche

JEGG
Photo et dessin réalisés par le fils de Jean-Emmanuel (sous son nom d’artiste 3G)

Nom : GROSSET-GRANCHE
Prénom : Jean-Emmanuel
Date de naissance : 26 septembre 1956
Discipline : karaté do Shotokan et taï kyoku ken de combat et de santé.
Dojo/Club : association « Objectif Réussite ».
Site Internet : sur Facebook, « Objectif Réussite » Bourges.
Tes enseignants (d’avant et d’aujourd’hui) : Lionel GRUSSENMEYER (aïkido et karaté), Gérard GROSLIER (karaté), Guy MALMARY (karaté Wado ryu), Joël ASSERE (karaté Kase), Michel ROUSSEAU (karaté Kase), José ACEDO (karaté Kanazawa, Nakayama).

Tous ces professeurs ont été un moment donné, les constructeurs mécaniques de mon karaté.

Des « rencontres importantes » ont aussi modifié ma conception et ma vision de la pratique du karaté. Cela m’a tout naturellement emmené et dirigé vers mon concept martial actuel, qui est une association entre l’externe et l’interne, auquel j’associe un travail d’armes de défense.

Maître TOKITSU :
Je le suis depuis 1994. Avec lui, j’ai compris que le vrai karaté était un art de longue vie. Que l’on ne pouvait pas continuellement travailler de cette façon lorsque l’on devient plus âgé,….
Surtout si l’on veut toujours être dans l’éveil du « Ici et maintenant » et ce,………. Jusqu’à la fin de sa vie.

Robert PATUREL :
Je suis devenu son élève (j’étais 4ème dan) en 1996 lors de notre séjour commun sur l’Ile de la Réunion. Il travaillait pour la Police, moi pour l’Armée Française.
« C’est mon Maître et c’est mon Ami », comme le dit une célèbre chanson. Et j’en suis très fier. (Vous trouverez tout sur lui, sur Internet)
Ce samouraï français, m’a fait découvrir mon « intégrisme Shotokan » et certains égarements des disciplines martiales japonaises, mal comprises peut être ou mal enseignées par nos anciens.
Ils sont devenus réalités quelques années plus tard, avec l’apparition des écoles de self défense plus ou moins fanfaronnes pour certaines et surtout porteuses du syndrome du malaise urbain et autres bric broc.

Bernard BILICKI :
Un maître de karaté « particulier » que tous les karatékas français devraient connaître, mais surtout, s’entraîner avec. Une sensibilité sur les bunkaï des kata shotokan que je n’ai vu, nul part ailleurs. Une connaissance profonde des arts martiaux.
Son travail sur l’énergie m’interpelle et je le suis depuis de nombreuses années.
C’est le senseï qui m’a donné le plus de « claques d’éveil » sur le comment et pourquoi du karaté, ces 15 dernières années et qui m’a ouvert des portes sur ma propre recherche.

Les 10 questions

1 – Pourquoi et quand as-tu débuté les arts martiaux ?

Par le judo vers 13 ans à Chalon sur Saône. Pour savoir me battre.
J’étais interne à l’école et Bourguignon de souche, c’était parfois chaud.

Puis par le karaté shotokan en 1974 à Bourges. Pour tout simplifier, c’était la période Bruce Lee mais on ne trouvait pas d’école de Kung fu dans toutes les villes de France.

2 – Pourquoi continuer ?

Je le dirais de deux façons :

– Si la passion est dévorante, cela devient évident d’aller à la leçon.

– Pour mon métier de militaire, c’était plutôt une évidence d’efficacité en combat, à cette époque.

3 – Les orientations de ta pratique ?

Je suis maintenant dans «  l’Automne » de ma pratique.

Mon amour profond pour le karaté Shotokan a laissé la place depuis quelques années déjà au taï kyoku ken de santé et à un attrait profond pour les pratiques martiales avec armes (bokken et tambo).
Vers 50 ans, je me suis recentré et je me suis éloigné de la pratique du karaté Shotokan traditionnel. J’ai pris la direction que je ressentais profondément : les arts martiaux internes.
Les problèmes récurrents de blessure au bas de mon dos, ont déterminé l’évolution de mes choix.
Je veux continuer ma pratique tout au long de ma vie. J’ai donc trouvé une attitude, une façon de vivre, qui vont réconcilier mon corps et mon esprit.

Oser entreprendre est l’un des bénéfices de la pratique.

4 – Comment s’entraîner ?

Je pense que la réponse la plus juste, serait par rapport à l’âge et à l’expérience martiale du pratiquant.

Pour moi à 61 ans, le Jisei do taï chi de senseï TOKITSU est une méthode exceptionnelle. Je n’ai pratiquement besoin de rien d’autre. Tout est dans cette méthode.

Comme j’aime le travail de l’Académie PATUREL, je l’ai intégré à ma pratique, et ma foi l’ensemble me semble très cohérent. Je continue à pratiquer avec les deux « personnages » et cela me conforte dans mes sensations, je sens que je suis sur le bon chemin.

5 – Comment enseigner ?

D’abord, il vous faut être affûté dans ce que vous voulez enseigner.

Juste après le 1er dan, me parait un peu fantaisiste, je dirais qu’en étant 2ème dan, les bases seront justes.
Ensuite, les métaphores, l’imagination du professeur valent bien 1000 explications.
Aimer ses élèves et le leur faire ressentir. Je ne l’ai compris qu’il y a peu de temps, en fait lorsque j’ai commencé à démontrer les bienfaits du Taï kyoku ken, il y a une dizaine d’années.
J’ai commencé à réellement enseigner le karaté après 17 ans de pratique, j’étais 3ème dan. Même si avant, je donnais des cours aux débutants dans les clubs où j’étais.
Mon métier de militaire m’emmenait au bout du monde tous les trois ou quatre ans et ne me permettait pas d’avoir un club bien à moi.

Je crois que j’ai donné de bons cours aux élèves shotokan, car pour moi c’était le seul style valable. José ACEDO et Michel ROUSSEAU étaient mes professeurs 3 fois par semaine. Je suivais Maître KASE en stage, 2 ou 3 fois par an. Autant dire que j’avais le top du top, au dessus de moi.

J’enseigne actuellement aux personnes âgées et aux pratiquants non martiaux ainsi qu’aux adeptes martiaux de tous styles.
J’apprends à chaque cours comment être plus performant, plus affûté, plus humain pour leur donner le meilleur de cette pratique. J’y mets maintenant de la gentillesse et de l’humour, certainement le fait de devenir plus « vieux » ou plus « ancien », plus sensible.

6 – L’évolution des arts martiaux ?

Le taï kyoku ken de combat et de santé………. bien évidemment.

Le taï kyoku ken (tai chi chuan japonais de Maître TOKITSU) est un art martial très complet, qui envisage la formation d’un combattant sous tous ses aspects.
Il a sa propre théorie de combat avec ses spécificités qui en font un style à part entière.
C’est un style de lutte, mais dans le sens ancien, c’est à dire avec des percussions, des clefs, des projections et le travail des armes en plus.

La pratique martiale est au service de l’énergie interne, car les gestes techniques correspondent à l’activation des zones énergétiques. L’entraînement conduit à augmenter et à accumuler l’énergie, ce qui vous rend plus performant dans votre discipline de base. Ainsi, l’exercice martial et celui de la santé et du bien-être sont intimement liés, ce qui assure la longévité de la pratique du karaté do.

On a aussi eu une vision de l’efficacité redoutable de cette pratique associant l’interne / l’externe, le karaté / le taï chi, à l’occasion du stage de maître BOLAFFIO, chez nos amis de Saucats, le 9/10 décembre 2017.

7 – Un enchaînement technique ?

Compliqué à écrire un enchaînement pour qu’il soit compris……….  Je dirais trois techniques indispensables à travailler en permanence pour « les karatékas éveillés » :

Juji uke ………………… Sashite ……………………Shuto uchi

8 – Une anecdote ?

J’en ai tellement en 45 ans de pratique …………… et je n’en suis jamais avare.

Mais il faut m’inviter ou être vers moi lorsque l’on pratique dans un stage commun. Plutôt pendant le repas……Ceux qui me connaissent, savent que sur ce plan là, je suis un grand Senseï… Ah ! Ah ! Ah !

9 – Un coup de gueule ?

J’en ai tellement en 45 ans de pratique ……………..cela n’a pas empêché que je fasse partie des hauts gradés de la Fédération Française de Karaté………………………(Ça, c’est dit)

Une certaine retenue s’impose tout naturellement, donc JOKER. J’aime ma Fédération.

10 – Le futur ?

C’est mon taï kyoku ken de combat et de santé. (Mon style de karaté personnel)

Si je me conforme uniquement à ce que l’on m’a enseigné, cela signifie que je ne m’approprierais jamais l’art. Il ne prendra jamais vie, mais il est devenu ma philosophie de vie et mon DO.

Il nous faut dépasser les limites d’enseignement des maîtres.

Je ne fais en réalité rien d’autre que de suivre le processus d’étude japonais traditionnel, SHU, HA, RI :

–  SHU : étape où l’on suit scrupuleusement l’enseignement de son maître jusqu’à arriver à reproduire exactement les techniques. Une fois arrivé à ce niveau on essaye de voir ce que tel ou tel changement implique.

– HA : On sort du moule pour continuer son étude.

– RI : Finalement on dépasse les contradictions et la technique devient sienne.

Un grand merci Jean-Emmanuel pour tes réponses.

Vous pouvez retrouver tous ceux qui ont accepté de répondre à mes dix questions sur la page Les 10 questions

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