D’où vient votre motivation?

J’ai lu le très bon article de Tanguy Le Vourc’h sur la question de la motivation en Aïkido. Et à la fin de son article, Tanguy termine par une question en nous interrogeant sur nos propres sources de motivation.

Du coup, j’ai moi aussi fait un petit point dans ma tête sur cette question. Si nous avons tous des parcours différents et des sources de motivation plus ou moins communes, je pense que pour beaucoup d’entre nous, nos motivations vont de pair avec différentes étapes de notre vie de pratiquant.

Même si j’ai été un « bon » compétiteur, je n’ai jamais eu l’ambition d’être un grand champion.

Comme je l’ai déjà écrit dans un article précédent sur mon parcours, la compétition n’a jamais été pour moi une source de motivation dans ma pratique, et il m’est arrivé plusieurs fois de ne pas faire une compétition, même glorieuse, afin de ne pas louper un stage qui à mon sens pouvait m’apporter beaucoup plus.

Je considérais la compétition juste comme un type d’exercice particulier qui m’a permis de développer et d’améliorer quelques facultés comme le courage, le dépassement de soi, l’adaptabilité, ou le coup d’œil. Et surtout, c’était un bon moyen de passer du temps avec quelques copains. J’ai beaucoup de bons souvenirs de compétitions, à l’hotel, dans le train ou l’avion, dans les grandes salles de sport partout en France…

Bref, la médaille n’a pas été pour moi un moteur.

Par contre, je reconnais volontiers qu’il y a encore quelques années, je voulais être le plus grand karateka, et même le plus grand budoka de tous les temps. Un Sangoku. Je m’imaginais déjà dans quelques dizaines d’années, 8ème dan (le plus haut grade à la FFKaraté à l’époque), respecté et considéré par tous, même au-delà des frontières, et voir même vénéré par certains ici et là.

Sangoku superSJ

Ahahah, ce que l’on peut être … quand on est jeune 🙂

Je voulais être le plus fort, celui qui développerait le plus de puissance, celui qui serait le plus rapide, celui qui aurait le plus de connaissances.

Si cette phase « puérile » mais plutôt « normale » m’est passée, je ne la renie pas car si ce fut une source de motivation assez peu glorieuse, c’est celle qui m’a poussé à apprendre, et à travailler encore et encore. Cette phase fait partie de mon parcours et elle m’a guidé un temps jusqu’à ce que je suis maintenant.

Si aujourd’hui j’ai toujours l’ambition d’acquérir beaucoup de connaissances afin qu’elles me permettent de mieux comprendre les choses, de mieux les expliquer, et de mieux pratiquer. Je n’ai plus l’ambition d’être le plus fort. Car j’ai mûri un peu et mes réflexions ainsi que l’évolution de ma pratique m’ont fait changer de cap.

Attention, je ne dis pas que je me fiche de mon niveau. Il est évident que j’ai envie de continuer à progresser. Mais il me parait aujourd’hui très futile et naïf de vouloir être le plus fort. D’ailleurs, je pense que ça n’existe pas…

Avant je voulais être imbattable, le plus puissant, aller le plus fort et le plus vite. Maintenant, je veux juste si possible, être celui qui touchera le premier. Qu’au moment où mon partenaire/adversaire voudra réagir, il soit déjà trop tard. L’essentiel, et seulement l’essentiel.

Et quand bien même je n’arriverais jamais à un niveau d’excellence, le plus important reste mon épanouissement personnel en temps que personne. Mon Karatedo est ma boussole, et c’est par ce biais que je me forge en temps qu’Homme et que j’évolue chaque jour. C’est grâce à ma pratique que je suis bien dans mes baskets, heureux et souriant chaque jour.

Et n’est ce pas là l’objectif primaire que chacun doit chercher ???

Alors pourquoi continuer à enseigner et pratiquer si je suis dejà bien comme cela. Peut-être que 2 entraînements par semaine me suffiraient pour entretenir cela.

Peut-être, mais je n’en suis pas certain. Donc je vais continuer parce que ça me fait du bien. Et que ca me rend heureux. Et si je continue, c’est aussi parce qu’on arrive jamais, le chemin est infini. Cela peut le rendre cruel parfois, mais c’est surtout ce qui le rend si formidable. Nous pouvons toujours aller plus loin.

Surtout que si j’ai fait le choix de me consacrer uniquement au Karatedo il y a 5 ans maintenant, c’est à la fois pour m’épanouir à travers ma pratique, mais également pour aider les autres en participant à leur propre évolution. Car c’est cela le rôle du senseï, celui qui vient avant, qui nous guide. En enseignant, je partage, je transmets quelque chose, et par ce biais j’aide ceux qui m’entourent à s’accomplir également.

C’est la vie.

En continuant mon chemin, j’apporte donc ma modeste pierre à leur édifice. Et c’est un grand plaisir et une fierté de les voir évoluer à mes cotés

sensei modele

Donc pour terminer, si je dois répondre aujourd’hui simplement à la question de mes motivations dans la pratique, je dirais 3 choses :

  • Mieux appréhender mon corps et mon esprit
  • M’épanouir, évoluer et être « simplement » heureux
  • Participer à l’épanouissement de ceux qui m’entourent
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