Dix questions à Michel Carron

J’ai posé mes dix questions à Michel Carron

Michel Caron

Nom : CARRON
Prénom : Michel
Date de naissance : 26 /12/1958
Discipline : TAEKWONDO
Dojo/Club : INSTITUT DE TAEKWONDO PARIS / INSTITUT TAEKWONDO REUNION
Site Internet : http://itp.sportsregions.fr
Page Facebook de l’UFTT : http://www.facebook.com/UFTaekwondoTraditionnel/?ref=bookmarks
Tes enseignants (d’avant et d’aujourd’hui) : J’ai eu l’occasion de rencontrer et de pratiquer avec plusieurs grands experts en France et en Corée mais je n’ai eu qu’un seul Maitre. Celui qui m’a formé, guidé toute ma vie et qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui : Maitre LEE Kwan Young. Permettez-moi, une fois de plus, de lui en être reconnaissant par le biais de ce questionnaire.

Les 10 questions

1 – Pourquoi et quand as-tu débuté les arts martiaux ?

Le destin a mis les arts martiaux sur ma route. A l’âge de 10 ans, je me suis fait agressé et j’ai demandé à mes parents de m’inscrire dans un club de Judo. Je voulais apprendre à me défendre…

Quelques années plus tard (en 1974), je visionnai les premiers films de Bruce Lee et j’ai couru dans un club de Kung Fu près de chez moi dirigé par Willy Pham Loî et Chantal Dupille.

Enfin 2 ans plus tard, je découvre le taekwondo dans une revue de l’époque « Ciné revue Karaté » et je décide de prendre mon premier cours dans le 13ème arrondissement de Paris au club Dan France. C’était en septembre 1976, un cours dirigé par Maitre LEE Kwan Young qui est toujours mon maitre aujourd’hui.

2 – Pourquoi continuer ?

La pratique du taekwondo m’apporte, bien être, équilibre et plaisir. L’univers des arts martiaux m’a permis de rencontrer et de côtoyer des gens formidables.

Enfin les arts martiaux ont transformé ma vie au point d’en faire ma profession.

Apprendre, comprendre et transmettre à son tour.

3 – Les orientations de ta pratique ?

J’aime tous les aspects du Taekwon-Do et des arts martiaux en général.
L’historique des écoles, la vie des grands maîtres, la technique (kibon), les formes (poomsae), leurs applications (bonhae), le combat (kieulougui), la self-défense (hoshinsool), la casse (kyokpa), le travail sur l’énergie, ainsi que toutes les valeurs que véhiculent les arts martiaux.

Tout ceci me passionne.

4 – Comment s’entraîner ?

Il y a plusieurs façons de s’entraîner, seul, avec partenaires, sous la direction d’un maître.

Les arts martiaux offrent de nombreuses opportunités de s’entrainer et de progresser. La progression réside dans la continuité et la régularité. Bientôt 42 ans que je m’entraine et toujours la même passion et le même enthousiasme. Cette continuité me permet de découvrir des sensations nouvelles qui alimentent à son tour cette passion et cet appétit de connaissances.

5 – Comment enseigner ?

Enseigner c’est transmettre.

Pour transmettre, il faut un émetteur et un récepteur. On parle souvent de la façon d’enseigner mais rarement de la façon de recevoir.
La relation maitre-élève doit être basée sur une confiance mutuelle.
Sans confiance et sans sincérité aucune transmission n’est possible.
Pour établir cette confiance, l’enseignant doit faire preuve de patience et de générosité.

Ensuite pour enseigner, il faut avoir reçu les enseignements d’un maitre, puis avoir vécu ses propres expériences. Il faut avoir fait le chemin avant, pour guider au mieux ses élèves.

« On ne sait que ce que l’on pratique » disait Montesquieu.

Enfin il faut aimer ce que l’on fait et les personnes à qui l’on enseigne.

6 – L’évolution des arts martiaux ?

Vaste question…

Les deux arts martiaux présents aux jeux olympiques sont le Judo et le Taekwondo (et bientôt le Karaté).
En ce qui concerne le Taekwondo que je connais bien, cela a été un appauvrissement. Les règles de compétition sans cesse modifiées ont eu une influence néfaste sur l’art martial. Les méthodes d’entrainement dans les clubs sont désormais principalement voire uniquement axées sur la compétition, que ce soit en technique (poomsae) ou en combat.

L’olympisme aurait pu être une bonne chose.
Cela l’a été au début et a fait connaître la discipline du grand public. Mais aujourd’hui, les modifications dans les poomsae, les changements successifs des règles d’arbitrage, l’arrivée de protections électroniques de plus en plus sophistiquées nous écartent de l’art martial ; d’un point de vue technique mais aussi sur le plan des valeurs : respect, courtoisie, dignité, droiture, humilité…
Là où l’art martial vise à diminuer l’égo, la compétition, au contraire, le flatte voire le développe.

L’olympisme a tout accéléré et amplifié ! Je vais surement passer pour un vieux … ou un anti … mais à mon humble avis et avec le recul, je dis que cela n’a pas été qu’une bonne chose.

7 – Un enchaînement technique ?

Non, je n’ai pas de préférence particulière (et si j’en avais une, je ne vous la dirai pas…sourire).
A mon sens, toutes les techniques sont bonnes et doivent être travaillées. Elles seront utiles le moment venu, en fonction de la situation qui s’offre à vous.
La bonne technique, au bon moment, au bon endroit.
Plus on a de techniques, plus on a d’options.

8 – Une anecdote ?

En 40 années de pratique, vous vous doutez bien que j’ai accumulé quelques anecdotes mais je vais vous en citer une.

Celle où un jour, j’ai changé de sac et dans la précipitation, j’ai oublié d’y mettre ma ceinture (noire de surcroit)…
Arrivé au dojang, je me rends compte de l’oubli. Je suis donc entré dans la salle et ai attendu de croiser le regard de mon Maître. Je l’ai salué et il m’a fait signe d’aller au vestiaire. Je n’ai pas bougé de ma place et lui ai dit : « Maître, j’ai oublié ma ceinture ». Sa réponse fût très simple et très sèche… « Pas de tennis sans raquette » et m’a montré du doigt la sortie.

Depuis ce jour, j’ai toujours deux ceintures dans mon sac. Je vous raconte celle-ci car de nos jours, c’est une chose assez fréquente chez les élèves, quand ce n’est pas les protections, voire carrément une partie de la tenue (dobok).

9 – Un coup de gueule ?

Les dérives, les pratiques et l’exemple que nous donnent nos dirigeants, politiques ou autres…

Difficile dans ces conditions de prôner dans nos clubs, à nos jeunes élèves, la bonne conduite, les efforts, la courtoisie, le respect, toutes ces valeurs que nous défendons dans les arts martiaux.

10 – Le futur ?

Continuer de transmettre et défendre les valeurs propres aux arts martiaux et au Taekwon-Do. C’est pourquoi d’ailleurs nous avons créé cette année une « Union Française de Taekwondo Traditionnel » afin de perpétuer cette tradition martiale.

Un grand merci Michel pour tes réponses.

Vous pouvez retrouver tous ceux qui ont accepté de répondre à mes dix questions sur la page Les 10 questions

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