Dix questions à Erwan Cloarec

J’ai posé mes dix questions à Erwan Cloarec

erwan cloarec

Nom : CLOAREC
Prénom : Erwan
Date de naissance : 10/04/1972
Discipline : Arts martiaux internes (Xingyiquan, Taijiquan), Aikido
Dojo/Club : La Pratique Sauvage
Site Internet : http://lapratiquesauvage.wordpress.com/
Tes enseignants (d’avant et d’aujourd’hui) : Je n’ai pas la place de citer tout le monde, mais je cite ceux qui ont ou ont eu le plus d’influence sur ma pratique, même si je ne les suis qu’occasionnellement :
Aikido : Toshiro Suga, Leo Tamaki
Taijiquan, Xingyiquan, Baguazhang et applications des arts internes : Allen Pittman, Sean Wood, Tim Cartmell.
Lutte / grappling : Allen Pittman, Tim Cartmell, Sean Wood

Les 10 questions

1 – Pourquoi et quand as-tu débuté les arts martiaux ?

J’avais 17 ans, en recherche d’absolu.

Un ami cher aujourd’hui disparu qui pratiquait avec un célèbre maître japonais de Bretagne  m’a aiguillé vers l’Aïkido. Il m’avait aussi prêté « La pierre et le Sabre » de Yoshikawa…
J’ai plongé… et je nage toujours !

2 – Pourquoi continuer ?

Cela continue à me nourrir dans tous les sens du terme.

3 – Les orientations de ta pratique ?

Les bases. Toujours ré-explorer les bases.
D’où jaillit le mouvement ? Comment et de quoi le corps est-il habité lors de la pratique ? Toujours remettre ses certitudes en doute. L’idée que quelques principes de mouvements suffisent à créer une infinité de situations, de potentialités.
Ne pas craindre d’aller « voir ailleurs » si l’herbe est plus verte, et revenir. Se garder de tous les dogmes.

4 – Comment s’entraîner ?

C’est la grande question je crois.
Bien sûr, la réponse évolue en fonction de l’objectif, des attentes et de l’âge de chacun.

Aiguiser les bases, polir les fondamentaux, et être créatif, en évitant la routine.
Un temps pour se rassurer et un temps pour se mettre en inconfort.
Être à la fois exigeant et bienveillant envers soi-même.

5 – Comment enseigner ?

Du mieux qu’on peut. Avec intuition.

Ne pas transmettre de dogmes. Être honnête avec soi-même et ses élèves.

Ne pas trop s’accrocher à son statut et ne pas jouer au “petit maître”.
Accepter de se “prendre une bonne rouste” de temps en temps.

6 – L’évolution des arts martiaux ?

Je crois que le “besoin d’arts martiaux” n’a jamais été aussi présent dans nos sociétés. Ils offrent une voie de connaissance de soi basée sur du concret, puisque l’autre dans sa chair est au cœur de l’entrainement. Les conceptions du lien corps/esprit qu’ils véhiculent sont l’incarnation d’une voie médiane entre l’action individuelle, l’introspection, et l’engagement social.

La question est de savoir : Peuvent-ils tenir leurs promesses ?

D’un côté, c’est une voie ardue comme toute voie véritable, et rien n’arrive “tout cuit”. C’est d’ailleurs un indicateur infaillible : la méthode du tout cuit sent la voie de garage.

De l’autre, je crois que les arts martiaux sont en perpétuelle évolution et que de nouvelles propositions “neuves avec du vieux” apparaissent.

Le paradigme “traditionnel” contre “moderne”, avec le lot de condescendance, de prétention et de mépris qu’il charrie des deux côtés a vécu.
Il ne s’agit pas de rejeter l’ancien pour encenser la nouveauté, ou inversement, mais de continuer à faire vivre les idées fondamentales : “le faible vient à bout du fort”,  “être fort pour être utile”, “entraide et prospérité mutuelles”, “seiroku zenyo” ou “du bon usage de l’énergie” etc,  le tout  avec l’esprit ouvert.

Il me semble qu’en gardant ces notions au centre de la pratique, que celle-ci s’habille en “moderne” ou “old school”, on reste dans les clous.

7 – Un enchaînement technique ?

Bim bam boom ? ..ou bien crac boom hue…ou bien boom tout court.

8 – Une anecdote ?

Il y a quelques années, je démontrais une technique avec un élève. Je lui appliquais une pression rapide et légère sur les carotides, il est tombé, presque en syncope.
Bien sûr, j’étais désolé. Je ne l’avais pas du tout voulu, et je ne m’attendais pas à cela.
Ce n’était rien de grave mais j’ai eu une sorte de révélation en cascade : les techniques fonctionnent, on peut les apprendre et les enseigner, nos partenaires sont vivants et nous sommes responsables de ce que nous faisons. Tout ça.

Comme on pratique on devient.

9 – Un coup de gueule ?

Contre la banalisation de la violence graphique, qui tend à déposséder la violence de sa portée morale, à amoindrir la responsabilité de celui qui l’exerce, et à occulter les différentes formes que celle-ci peut revêtir, violences sociales, violences sexuelles, violences politiques…

Quand les écoles d’arts martiaux ou certains enseignants se mettent en scène et mettent en scène avec pathos des scénarios d’agressions à des fins d’autopromotion ou de mercantilisme, la coupe est pleine.

Contre la complaisance envers la culture de la force brute, et de manière générale le culte de l’ignorance, pour reprendre Ray Bradbury.

10 – Le futur ?

« Vers l’infini et au-delà » comme dirait Buzz l’Eclair

Un grand merci Erwan pour tes réponses.

Vous pouvez retrouver tous ceux qui ont accepté de répondre à mes dix questions sur la page Les 10 questions

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