Dix questions à Simon Pujol

J’ai posé mes dix questions à Simon PUJOL

simon pujolphoto Jap’in Tarn 2015

Nom : PUJOL
Prénom : Simon
Date de naissance : 24 08 1985
Discipline : Goshinkaï Ju Jutsu,  Kishinkaï Aïkido
Dojo : St Juery (dans le Tarn)
Site Internet :  http://goshinkai-saintjuery.blogspot.fr/
Tes senseï (d’avant et d’aujourd’hui) : Alain Guingois, Léo Tamaki, Kuroda Senseï, Hino Senseï

Les 10 questions

1 – Pourquoi et quand as-tu débuté les arts martiaux ?

J’ai commencé les Arts Martiaux à 16 ans, un club venait d’ouvrir dans mon petit village. Pour moi c’était un bonheur inespéré, quand on grandit au milieu des montagnes à 70 km de la première ville, on se dit qu’on aura pas accès à ce type d’activité…il y avait un peu de chance là dedans je crois car je rêvais depuis tout petit de pouvoir en faire. Bruce Lee, JCVD, Dragon Ball j’étais fan. Je voulais faire pareil, être à la fois rapide, puissant, précis, toutes ces qualités  dans une seule discipline !!!!

2 – Pourquoi continuer ?

C’est une belle question. Je pense qu’au départ on a des objectifs : ceinture noire, faire un coup de pied retourné, gagner etc… Avec le temps et la pratique on se rend compte d’autres choses, ce que cela nous apporte en tant que personne et comment cela a influencé notre vie et nos comportements.

Aujourd’hui j’ai toujours des objectifs factuels, des directions dans mon travail, mais je pense que je continue surtout car désormais cela fait partie de moi. Je considère que tout ce que je suis aujourd’hui a été construit par les Arts Martiaux alors je continue avec enthousiasme.

3 – Les orientations de ta pratique ?

Cela fait maintenant bientôt 5 ans que j’ai trouvé un nouvel élan dans ma pratique, à force de travail et de rencontres, de nouvelles perspectives ce sont ouvertes. Les notions de relâchement et de travail sur l’utilisation du corps m’intéressent beaucoup. Je réfléchis aussi souvent à comment être dans ce travail et comment l’aborder, cela est très intéressant.

4 – Comment s’entraîner ?

Je pense que la première condition c’est de toujours garder l’envie, chaque séance doit être abordée avec beaucoup de joie. Les aléas de nos humeurs, de nos états de fatigue et de notre vie en général nous font faire le yoyo en permanence. Mais si on décide de s’entraîner, dès que l’on passe la porte du dojo, il faut avoir envie ! Aussi bien pour sa progression que pour celle de nos partenaires. Si on est bien entouré et que l’envie est là il n’y a pas de raison que cela ne marche pas !

5 – Comment enseigner ?

Je reste un jeune enseignant mais je pense qu’il faut garder à l’esprit que c’est par la progression des élèves que l’on va soi même progresser. Je m’aventure à dire que ceux qui ne vont pas dans ce sens là ont peur et cherchent juste à être leur petit kalif avec leur petit niveau. On voit souvent des professeurs avoir des groupes d’élèves qui ne progressent pas, c’est dommage.

6 – L’évolution des arts martiaux ?

Aie, Aie, Aie, elle fait toujours mal cette question. Actuellement tout va dans les extrêmes, ceux qui font du “sport martial” font de plus en plus de sport et de moins en moins d’arts martiaux. Ceux qui ont des pratiques violentes, les font toujours plus violentes au fil des années. Ceux qui “sont loin de tout ça” sont de plus en plus loin de tout ça… Nous ne sommes plus à une époque de compromis et on retrouve ce phénomène dans les Arts Martiaux. Je suis quand même heureux de voir que certains groupes s’ouvrent et tendent à revenir vers des pratiques de développement globale.

7 – Un enchaînement technique?

C’est difficile de répondre, mais j’aime beaucoup le travail de contact ou de transition. Cet infime instant, qui semble parfois durer une éternité où les deux protagonistes savent que la seconde qui arrive va déterminer l’issue. Par exemple lors d’un corps à corps, au moment où ça lâche, ou lorsque l’adversaire est au sol et que l’on se relève. Le moment où on sent « que l’on est prit » par un déséquilibre. Je pense que la durée et l’intensité de ces moments dépendent de l’importance qu’on leur accorde mais aussi du niveau que l’on a. Moi à mon niveau je me plait dans ces sensations lors de ces enchaînements techniques.

8 – Une anecdote ?

Comme beaucoup, je commence à en accumuler mais une de celle qui me revient souvent c’est cette période où l’on s’entraînait dans ce petit village qui nous a vu débuter. Parfois on tâtonnait vraiment c’était rigolo, on essayait tout ce qu’on pouvait trouver ou voir. L’hiver on arrivait au dojo il faisait zéro dans la salle, il fallait vraiment avoir envie de venir. Au printemps on partait s’entraîner en montagne, on courrait, on cassait des morceaux de bois, on faisait des katas, c’était magique. En fait c’est plus une période qui me vient à l’esprit qu’une anecdote mais je crois que c’est un peu pareil 😉

9 – Un coup de gueule ?

Comme je l’expliquais, j’ai commencé les Arts Martiaux dans un petit village, hors des systèmes fédéraux, c’est d’ailleurs quelque chose qui m’était complètement inconnu. Le temps et l’expérience m’ont fait découvrir ces petites guerres qui ne débouchent sur rien à part l’appauvrissement des compétences et des rivalités qui n’ont pas lieu d’être. Il faut laisser aux gens ce qu’ils ont envie de faire sans tomber dans l’ingérence. Aujourd’hui dans certaines fédérations on vous dit qui aller voir en stage, qui inviter, hum pardon, payer. On vous dit ce que vous devez penser de telle ou telle pratique. C’est désolant dans un monde d’adultes libres de dicter comme çà et d’empêcher les gens de se faire leur propre avis. Les Arts Martiaux doivent servir à éduquer les gens, à les rendre libres et non à les conditionner.

10 – Le futur ?

Je suis à la fois optimiste et à la fois pessimiste. Je dirais que je suis heureux dans ma génération, les grands maîtres du passé nous ont laissé leurs héritages et nous sommes élèves de leurs élèves. Je m’inquiète pour les générations suivantes qui n’auront plus de professeurs ayant connu « l’ancien temps ». Aujourd’hui on peut encore pratiquer avec des élèves de O Senseï, moi même j’ai échangé des lettres avec Henry Plée pionnier du Karaté en Europe, dont je salue la mémoire. Ce sont des maîtres qui ont traversé la Terre entière pour nous rapporter leurs savoirs. Aujourd’hui les professeurs se forment sur DVD et sur internet, je plains un peu la génération qui arrive. A nous de travailler dur pour tenter d’amener un nouvel élan. Je ne prétends pas être un moteur, d’autres arrivent à être plus impliqués que moi mais je pense que certains groupes vont dans ce sens là et j’en suis heureux.

Un grand merci Simon pour tes réponses.

Vous pouvez retrouver tous ceux qui ont accepté de répondre à mes dix questions sur la page Les 10 questions

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